León est la deuxième plus grande ville du Nicaragua, après la capitale de Managua. Cité royale portant la marque d’une tradition révolutionnaire entourée de canne à sucre et de champs de coton, León est une ville à la fois religieuse, universitaire et contestatrice, comme le prouvent encore les nombreuses fresques (murales) sandinistes peintes aux abords du Parque Central.
La ville de Léon garde son authenticité (architecture). La ville s'organise avec des de rues en damier. Les calles sont orientées est-ouest, avec la Calle Central (Rubén Darío) comme point zéro. À partir de là, les numéros augmentent lorsque l'on s'en éloigne, et ce, dans les deux directions. Les multiples églises de León en font une agréable ville à visiter à pied.
Centre
Le Parque Central a été rendu aux piétons et est bien agréable. Du côté sud de la cathédrale, plusieurs édifices ont été restaurés comme le Palacio Episcopal, de couleurs ocre jaune et rouge, et le Colegio Seminario Tridentino San Ramón, qui lui est attenant. Fondé en 1680, ce dernier fut le deuxième collège construit en Amérique centrale; il abrita l’université pendant près d’un siècle. Sur le flanc même de la place, le Colegio de la Asunción, de style néogothique.
Du Parque Central se dresse la Basílica Catedral de la Asunción
(entrée libre; visite guidée 3$US; lun-sam 8h à 12h et 14h à 16h30; l’achat des billets pour toutes les visites s’effectue à la petite porte à l’arrière de la cathédrale), patrimoine mondial de l’UNESCO en 2011.
Érigée en plusieurs étapes entre 1746 et 1860, cette construction massive à cinq nefs a été complètement restaurée en 1992 et fraîchement repeinte en 2016. Cette cathédrale s’avère la plus grande de toute l’Amérique centrale. L’intérieur blanc comporte des éléments baroques. Rubén Darío est enseveli en ces lieux, à droite de l’autel ; sa pierre tombale, qui porte sa signature gravée, est veillée par un puissant lion en deuil.
Le clou de la visite est le toit de la cathédrale (accès par le biais de la visite guidée de la cathédrale ou en autonomie), où se découpent les nombreux dômes de l’édifice, avec une vue incomparable du centre-ville et, au loin, l’enfilade de 11 volcans de la Cordillera de Los Maribios.
L’Iglesia El Calvario, érigée dans la première moitié du XVIIIe siècle, arbore une façade jaune mêlant lignes pures néoclassiques et décoration baroque, flanquée de deux tours latérales peintes façon fausses briques.
La Iglesia de La Recolección est l’une des attractions les plus remarquables de León, cette église construite vers la fin du XVIIIe siècle présente une façade baroque ornée de colonnes enroulées de pampres et enchâssée d’une dizaine d’incroyables médaillons naïfs évoquant la Crucifixion. Une tunique et un dé symbolisent ainsi le centurion jouant pour obtenir les vêtements du Christ; le coq rappelle que saint Pierre le renia trois fois; et divers instruments de torture apparaissent, dont des clous et une couronne d’épines.
Retour vers la cathédrale, par les portes nord, le Parque Heroes y Mártires.
Sur sa façade Est, une murale imaginative illustre l’histoire du Nicaragua, de l’ère précolombienne jusqu’en 1979 (pas vraiment convaincue par la quaolité graphique de celle-ci!) . Au centre du parc s’élève le monument pour le 10e anniversaire de l’Insurrection. Le rouge et le noir sont les couleurs des sandinistes, et les lettres du sigle FSLN signifient Frente Sandinista de Liberación Nacional (Front sandiniste de libération nationale).
De l’autre côté de la rue (à l’ouest du parc), la fresque la plus célèbre de la ville montre Sandino debout, bardé de symboles, écrasant de son pied un Oncle Sam aux allures de chien. La rébellion essentiellement rurale de Sandino a démontré la
force du peuple face aux puissances impérialistes, et elle s’inscrit dans la lignée des précurseurs de la guérilla moderne. Ayant quitté le pays en 1921, il y retourna en mai 1926, pour bientôt prendre la tête d’un mouvement de résistance à la présence américaine entre 1927 et 1933. Il fut finalement assassiné par la Guardia Nacional sous le controle de Somoza, formé au libéralisme américain. L’effigie de Sandino, est coiffé d’un chapeau dont la forme rappelle vaguement un sombrero. Le bleu et le blanc sont les couleurs du drapeau du Nicaragua.
Sur une seconde représentation, on retrouve la tête de Somoza. Le 1er janvier 1937, le général Somoza García s’installa à la présidence. Cet événement marqua le début des 40 ans durant lesquelles la famille Somoza conserva jalousement les rênes du pouvoir, exerçant un véritable contrôle dictatorial sur les affaires du pays. Le 22 décembre 1972, un tremblement de terre dévasta la ville de Managua. Le Nicaragua reçut une importante aide financière internationale, que Somoza parvint en grande partie à détourner à des fins personnelles, ce qui fit enrager même ses plus fervents partisans. Alors que la popularité de Somoza s’effondrait et que l’indignation du peuple montait (grève générale, raid des commandos armés du FSLN contre le Palacio Nacional). Au début de l’année 1979, l’offensive finale vit des insurrections constantes et une résistance à tous les niveaux de la part des forces sandinistes. Le contrôle qu’exerçait alors Somoza sur le pays s’estompa rapidement. Le 17 juillet, le dictateur fut contraint d’admettre sa défaite et chercha refuge aux États-Unis.
La grande Iglesia de La Merced, consacrée en 1662, a été rebâtie au siècle suivant après que l’édifice original eut été détruit. Elle mériterait sans doute un plus vaste parvis afin que l’on puisse mieux contempler l’ornementation de sa façade ouest.
De l’autre côté de la rue se dresse la faculté des sciences et juste au sud se dessine une placette arborant d’autres peintures murales colorées. Le mur qui se trouve à l’extrémité sud de l’esplanade véhicule un message carrément antiaméricain, la CIA se dressant sous la forme d’un serpent à deux têtes entouré par la Guardia Nacional (G.N.) de Somoza. Les illustrations de cette murale incitent la population à se prévaloir de son droit de vote.
Face à la placette, une autre fresque rend, elle, hommage aux « martyrs du 23 juillet 1959 », date à laquelle la garde somoziste ouvrit le feu sur les étudiants de León, tuant quatre d’entre eux et en blessant une centaine d’autres.
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